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Frank Marrs, acteur – De l’entraînement aux jeux vidéo

Frank Marrs, acteur – De l’entraînement aux jeux vidéo

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Portraits

février 17, 2020

 |  Centre Multisports

Avant de devenir acteur et de jouer les rôles de militaire et de policier qui lui ont été confiés ou encore de revêtir un casque chargé d’électrodes pour capter chacun de ses mouvements, Frank Marrs mesurait 6 pieds 2 pouces et pesait 140 livres. Un grand mince dont les études en théâtre au Cégep John Abbott l’ont mené à poursuivre sa passion en cinéma et en télévision, à une époque où les jeux vidéo lui ont ouvert des possibilités insoupçonnées.

Aujourd’hui, il n’a pas grandi, mais affiche 200 livres sur le pèse-personne et gagne sa vie en mimant se faire exploser, torturer ou en éliminant des adversaires virtuels. Bienvenue dans l’univers hors du commun de Frank Marrs.

Comme Superman S.V.P.

Né à Sept-Îles et ayant déménagé à Québec, en Floride, où il a passé 10 ans de sa vie, et à Montréal, Franck Marrs vit aujourd’hui à Vaudreuil-Dorion où il a commencé à s’entraîner à l’aube de ses 25 ans, à un moment où l’entraînement allait faire la différence dans sa carrière. Il suit alors des programmes trouvés sur Internet avant de chercher un entraînement fait sur mesure pour lui. Il entre au Centre Multisports, rencontre le kinésiologue Sébastien Fournier et lui montre une photo de Henry Cavill, acteur personnifiant alors Superman au grand écran : « C’est ça que je veux devenir, non seulement physiquement, mais dans ma carrière, lui dit sans hésitation Frank Marrs. Ce n’était plus rendu mon objectif, c’était notre objectif. Sébastien est devenu un grand ami, quelqu’un de très motivant dans ma vie, je m’entraîne encore avec Seb à ce jour. »

Du militaire à la victime

Lentement, le jeune acteur s’attelle à renforcir sa charpente musculaire et, à force de dur labeur, il décroche après cinq ans, ses premiers contrats en jeux vidéo dont il ne dit rien, secret professionnel oblige. Sa première et plus récente expérience concerne le jeu Ghost Recon Breakpoint sorti en 2019 et pour lequel les concepteurs ont capté plusieurs de ses mouvements afin de reconstituer les actions des personnages du jeu : « C’est un milieu superficiel et de ce que tu as l’air, ça va être ton «type cast», admet l’acteur. Quand tu es d’une certaine grandeur, tu vas toujours être mis dans des rôles d’autorité. Je n’avais pas du tout le look. C’est là que j’ai commencé l’entraînement avec l’objectif de gagner de la masse musculaire et aussi pour savoir comment utiliser mon corps, parce que quand on joue des rôles dans les jeux vidéo, d’une minute à l’autre, on passe du militaire à la victime, ce n’est pas seulement d’avoir le corps pour être prêt à jouer ça, mais c’est aussi de savoir comment l’utiliser. »

Contrôler ce qu’on peut contrôler

Frank Marrs estime que de 15 à 20 % de son travail concerne des rôles dans les jeux vidéo. Pour le reste, il personnifie des figures d’autorité dans des productions américaines et québécoises. Il a notamment joué pour le réalisateur Ricardo Trogi. Mais son expérience en jeux vidéo suscite naturellement la curiosité étant donné que les élus se font plus rares qu’ailleurs. Quand il tourne, il prend connaissance du scénario la veille ou le matin même du tournage. Revêtant un casque qui capte tout, mouvements, visage et voix, il se lance, attaque, tombe, se relève, reçoit des coups et court à la poursuite d’ennemis imaginaires. D’où la nécessité de se garder bien en forme : « C’est un métier sur lequel on n’a aucun contrôle sur ce qui va arriver, c’est important d’avoir un élément qu’on va contrôler dans sa vie, avoue-t-il au sujet de l’entraînement. C’est quelque chose qui va m’aider dans ma vie, dans ma santé, dans ma carrière, c’est important pour moi d’avoir ce rôle-là et de ne jamais abandonner parce que c’est ça qui m’encourage à continuer. » Le jeune trentenaire, qui se passionne également pour la musique, la peinture et l’écriture, emprunte à Arnold Schwarzenegger sa philosophie de l’entraînement : « L’entraînement n’est pas quelque chose qu’on peut acheter, qu’on peut voler, qu’on peut hériter ou juste prendre ; la seule façon de l’obtenir, c’est le travail et la discipline. »

Si l’entraînement a concrètement aidé Frank Marrs dans son cheminement professionnel, il est devenu un mode de vie dans lequel il encourage les gens à s’investir. Pour lui, il s’agit d’une aventure pour apprendre à se connaître : « Accomplir quelque chose est un des grands bonheurs dans la vie, croit-il. Si tu donnes le travail, ça va donner des résultats, il ne faut pas abandonner. Le seul regret que j’ai est de ne pas l’avoir fait plus tôt. »

À tous ceux qui procrastinent, il ne serait donc jamais trop tard pour se donner un premier élan.

 

Par : Patrick Richard

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