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Philippe Buteau, Pompier : S’entraîner et sauver des vies

Personnalité

novembre 15, 2019

 | CMS

Quand il ne s’entraîne pas, il porte son uniforme de pompier. Quand il ne porte pas son uniforme de pompier, il s’entraîne. Depuis cinq ans, Philippe Buteau pratique le métier de pompier à la caserne de Vaudreuil-Dorion et, depuis toujours, il carbure aux sports et s’entraîne en soufflant, le sourire aux lèvres.

Philippe Buteau, Pompier : S’entraîner et sauver des vies

Fier représentant des Mistral

Enfant, Philippe Buteau était du type sportif que l’on aime avoir dans son équipe : soccer, hockey ou ballon chasseur, le jeune a alors soif de bouger. Le volleyball lui offrira pendant longtemps un terrain de jeu fertile. Il participe à des compétitions nationales en tant que membre de la défunte équipe des Mistral de la Cité-des-Jeunes et devient même un fidèle représentant de l’équipe étoile lors du championnat canadien de l’Est. Il poursuit son parcours jusqu’aux portes de l’université. « J’ai toujours trouvé que l’intensité et la discipline en entraînement faisaient en sorte que tu pouvais t’améliorer et faire de meilleures choses que n’importe qui d’autre », s’exprime Philippe Buteau. Cette intensité, il la retrouvera au Centre Multiports qui a pavé la voie à son entrée comme pompier à temps plein.

Lieu de travail et d’entraînement

Avant de s’entraîner quatre à cinq jours/semaine dans le gym Perfo, le jeune trentenaire travaille quelques années comme appariteur au Centre. Chaque fois qu’il met les pieds ici, il renoue avec ses amis, avec sa famille : « Même si je ne travaille plus ici, mentionne-t-il, je viens encore ici, j’aime venir ici, j’aime les employés parce que c’est ça qui m’a permis dans un sens de devenir pompier. Ils ont été très compréhensifs quand j’allais sur des interventions et que je travaillais. Tous les employés du centre palliaient la situation. » Connaissant le Centre comme le fond de sa poche, Philippe Buteau s’y promène en saluant ses anciens collègues tout en discutant avec la confrérie des pompiers et des policiers qui viennent bien souvent s’entraîner en groupe. Quand nous l’avons rencontré dans le gym Perfo pour réaliser l’entrevue, il s’apprêtait à pousser la machine au maximum à l’intérieur d’un circuit visant à le faire suer : « Y’a pas de jugement à avoir, estime le jeune pompier, au sujet de ceux qui s’entraînent au gym Perfo. Ce n’est pas un gym conventionnel où tu te regardes et que tu te trouves beau. Le Perfo, c’est beaucoup plus une mentalité, tu viens ici, tu t’entraînes fort, après, tu es satisfait de toi-même. Peu importe le niveau de difficulté, tout le monde ici se donne beaucoup. » Au-delà de l’amour que Philippe Buteau porte aux sports en général et à l’haltérophilie en particulier, la motivation principale de son assiduité trouve surtout réponse du côté du métier qu’il exerce depuis cinq ans.

Une question de vie ou de mort

C’est en effet sur le chemin qui l’a mené à la caserne de la rue Forbes que l’entraînement a pris toute sa signification dans la vie de Philippe Buteau. Au-delà des tests d’entraînement qui constituent la porte d’entrée pour devenir pompier (connus pour être difficiles et exigeants), le jeune homme voit dans sa forme physique un lien direct avec la qualité de ses interventions : « À chaque feu que je vais prendre, même si j’ai beau être le plus en forme que je veux, je vais toujours sentir que je n’en ai pas fait assez, affirme-t-il. Faut tout le temps que tu en fasses plus. » S’il revient régulièrement au Centre Multisports pour réaliser ses circuits, s’il joue au hockey avec ses collègues pompiers, s’il s’entraîne au tennis, au golf et au volleyball à temps perdu, et s’il roule encore à vélo une fois/semaine, c’est par besoin, c’est par amour et c’est aussi par souci de sécurité vu le métier exigeant qu’il pratique : « C’est un défi, c’est sûr, dit-il au sujet de son programme d’entraînement, mais c’est une question de vie ou de mort des fois. Si j’ai un de mes partners qui tombe au feu et que je suis brûlé, mais qu’il faut que je le sorte, faut que je le sorte. Cette petite différence-là, ça se fait en entraînement. La mentalité de pouvoir pousser toujours plus, ça se donne aussi à l’entraînement. » Soulignant au passage que les histoires de pompiers bedonnants qui ne font rien n’existent plus, Philippe Buteau souhaite naturellement rester en forme pour le restant de sa carrière, mais ne tient rien pour acquis : « C’est facile de rester dans le confort, de ne plus vouloir se dépasser, croit-il. Je souhaite garder la mentalité et la discipline de rester motivé à venir à l’entraînement. »

Dans le gym Perfo, ils sont nombreux à soulever, pousser et souffler leur vie. Mais peu importe où les gens sont rendus dans leur entraînement, tout le monde est dans le même bateau : « Ça va toujours être difficile, autant pour la personne la plus en forme que la personne la moins en forme », témoigne le jeune pompier avant de retourner s’entraîner, heureux, passionné et déterminé.

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