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ÉLISABETH BEAULNE : La résilience a un nom

Personnalité

août 19, 2019

 | cmsv

S’il n’y avait qu’un mot pour résumer Élisabeth Beaulne, résilience ferait assurément partie des favoris. Définie comme la capacité d’une personne à résister à une épreuve brutale et à en tirer parti pour se renforcer, la résilience a pris racine dans la vie d’Élisabeth au moment où elle faisait face à la pire adversité qui […]

ÉLISABETH BEAULNE : La résilience a un nom

S’il n’y avait qu’un mot pour résumer Élisabeth Beaulne, résilience ferait assurément partie des favoris. Définie comme la capacité d’une personne à résister à une épreuve brutale et à en tirer parti pour se renforcer, la résilience a pris racine dans la vie d’Élisabeth au moment où elle faisait face à la pire adversité qui soit. Entre se battre ou se laisser mourir, la jeune femme a choisi de bouger. Le gym Perfo du Centre Multisports s’est imposé comme le théâtre de ses actions.

Le choc de la maladie

« C’est comme mon deuxième salon ici, résume-t-elle, quelques minutes seulement après avoir soulevé de multiples charges sous l’œil averti d’Alexandre Lauzon, coach bien connu et très barbu au centre. Mais le sport n’a pas toujours fait partie de ma vie. Quand j’étais jeune, j’ai touché à plein de trucs différents, mais je n’ai jamais persévéré. J’abandonnais, je changeais. » Comme plusieurs jeunes de son âge, elle a touché un peu à tout : à la natation, au hockey, au basketball, au karaté, mais le déclic n’est jamais venu. Puis à l’aube de la trentaine, la jeune femme voit sa vie basculer. Pour le meilleur et pour le pire. D’abord le pire : à 27 ans, à l’âge où la vie s’ouvre devant soi, elle apprend qu’elle est atteinte de la maladie de Hodgkin, un cancer qui touche le système lymphatique, l’une des composantes du système immunitaire. Un choc terrible suivi d’une période qu’elle appelle sa « période zombie ». Les mois se suivent, les traitements de chimio viennent, mais elle n’est tout simplement plus là. « Ç’a été la pire année de ma vie, mentalement et physiquement, explique-t-elle. Mais c’est quelque chose qui m’a fait beaucoup grandir. Ç’a fait de moi une meilleure personne, parce que j’ai appris à apprécier, à avoir beaucoup plus de gratitude envers les gens. »

Le sport comme soupape

Les multiples traitements qu’elle subit, on s’en doute, l’épuisent. Laissant sa vie entre les mains des docteurs et des infirmières, elle choisit bientôt de se battre pour retrouver la forme et entamer une nouvelle route. Elle court, s’entraîne à la maison, fait des courses à obstacles et suit bientôt ses premiers cours de groupe au Centre Multisports où elle prend tranquillement goût à l’entraînement. Puis un jour, elle touche à l’haltérophilie dans le gym Perfo par l’entremise d’un cours donné par le kinésiologue Vincent Proulx.  « Je suis toujours dans le gym Perfo, admet Élisabeth Beaulne, parce que quand j’ai commencé à m’entraîner ici, je voulais un gym qui ressemblait à ça. Je ne voulais pas un gym avec des machines et des tapis roulants. Je ne voulais pas un gym conventionnel. Une fois que j’ai commencé à lever des poids, c’est là que j’ai eu la piqûre pour ce type d’entraînement-là. » Depuis trois ans, à raison de 4 à 5 fois par semaine, elle prépare ses charges et suit son programme. C’est son mode de vie, c’est sa routine, c’est son carré de sable.

Bouger dans ce qu’on aime

Du point de vue médical, cinq ans après que le cancer eut passé dans sa vie comme un feu décime la forêt, on la considère guérie. Elle retourne régulièrement faire des analyses pour s’assurer que la machine est en bon état, mais elle regarde toujours droit devant, concentrée, déterminée, équilibrée : « Le sport vient créer un équilibre, reconnaît-elle, il permet de tout le temps me dépasser, de vouloir atteindre de nouveaux objectifs, il me permet de retrouver mon calme. ». Aidée par les kinésiologues du centre qui non seulement lui enseignent les bonnes techniques, mais également lui préparent des programmes d’entraînement collés à ce qu’elle aime, Élisabeth Beaulne espère exercer encore longtemps son sport et, qui sait, inspirer ceux et celles qui n’ont pas encore eu le déclic pour se mettre à bouger : « Avec les kinés, ça devient accessible à tous, affirme-t-elle. Si tu n’as jamais fait de sport, il y a quelqu’un qui peut te montrer à le faire pour bien débuter. Quand tu aimes ça et que tu en fais souvent, ça devient comme une routine dans ta vie, ça devient intégré, ce n’est pas une charge supplémentaire de travail que tu ajoutes. »
Dans la vie de l’haltérophile, le sport fut une porte d’entrée dans la réhabilitation de son corps et de son esprit, une porte d’entrée, en soi, vers sa nouvelle vie. En ce sens, elle a su tirer parti de son épreuve brutale pour se renforcer, un entraînement à la fois, et sourire de nouveau à la vie. Pour le meilleur cette fois-ci.

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